éconum : décoder, comprendre, analyser et mettre à profit le meilleur des innovations numériques

Carburants : et si nous avions déjà la solution à portée de souris ?

27 novembre 2018

Carburants : et si nous avions déjà la solution à portée de souris ?

En ces temps de grogne générale sur le prix de l’essence, le télétravail pourrait être une alternative crédible aux coûteux déplacements domicile-travail. Et pourtant, en 2018, près de trois-quart de ces déplacements quotidiens se font encore en voiture !! Malgré l’offre de transports en commun et l’émergence du covoiturage. N’ayant pas (encore) renoncé à notre hyper-mobilité, nous devons payer la très lourde facture de nos déplacements : carburants, entretien des voitures, pollution atmosphérique, perte de temps, congestion endémiques des agglomérations, accidents et j’en passe. Rappelons qu’une voiture coûte entre 5000 et 7000 euros par an en moyenne et que le salaire médian français est de 1600 euros net par mois. On comprend mieux la tension liée à la hausse de l’essence quand un tiers des evenus servent à travailler  !!!! Au lieu de gérer les conséquences, attaquons nous à la cause ! Transport en commun, co-voiturage, modes doux. Et demain des péages urbains ? une circulation alternée et d’autre mesures restrictives ? Tout ce que nous avons essayé depuis 40 ans n’a pas de grandes incidences sur la situation car nous ne réduisons pas la mobilité. Il est d’ailleurs facile à chacun de constater que lorsque nous nous « démobilisons » un peu, par exemple le mercredi (jour des enfants) ou le vendredi (RTT), les déplacements deviennent d’un coup beaucoup plus fluides. Incapables de sortir de cette hyper-mobilité, nous aménageons à la marge notre besoin insatiable d’être mobiles sans prendre en compte une donnée essentielle de ce début de 21ème siècle : il est enfin possible pour 4 actifs sur 10 de travailler à distance une partie du temps. La numérisation du travail et l’hyper connectivité rend possible ce miracle. Et pourtant nous n’en profitons que très peu. Révolution culturelle Si le recours au télétravail et au coworking est si faible et si lent c’est que nous faisons face à une révolution culturelle. Cela fait 150 ans que le travail est devenu un synonyme du bureau pour des millions d’actifs et il faut du temps pour changer les mentalités, le management, l’aménagement des bureaux, les comportements et méthodes de travail. Si pour de nombreux français, le télétravail n’est pas possible, il est en revanche un levier sous-utilisé pour des millions d’autres et il serait temps que les employeurs se saisissent pleinement de cette opportunité pour motiver leurs salariés, améliorer leur attractivité et leur productivité, faciliter leurs recrutements, réduire leur immobilier, et au passage contribuer grandement à la réduction du réchauffement climatique. Pour les employeurs qui se posent encore des questions sur comment mettre en place les nouvelles formes de travail, j’animerai une table ronde le 13 décembre 2018 au centre de coworking de la Cordée d’Annecy. S’inscrire sur ce lien. Jean Pouly

Lire la suite

Le BIM : quand le bâtiment fait sa révolution numérique

13 novembre 2016

Et BIM ! Encore du charabia numérique pour décrire cette fois-ci une transition numérique d’envergure, celle qui concerne l’immense secteur du bâtiment et de la construction. Personne n’échappe à la numérisation de son métier et l’ensemble de l’immense filière du bâtiment se retrouve donc aujourd’hui face à une mutation complexe dans l’articulation de ses différents métiers. Les architectes, thermiciens et autres acteurs du bâtiment n’ont bien sûr pas attendu le BIM pour numériser leurs plans et travailler avec des logiciels mais cet acronyme anglo-saxon qui signifie Building Information Modeling recouvre un réalité nouvelle qui promet de révolutionner la façon de travailler pour tous les acteurs du bâtiment, avec à la clé, une promesse de faire des économies substantielles.

Lire la suite

Les Anonymous : les robins des bois de l’Internet ?

12 décembre 2015

Rendus célèbres par l’utilisation d’un masque représentant Guy Fawkes, un prêtre anglais du 17ème siècle insurgé contre le pouvoir, les membres du collectif mondial des Anonymous se font régulièrement remarqués par des cyber-attaques coup de poing, tout azimut, qui font penser à une sorte de robin des bois des temps numériques qui rendent justice à partir d’Internet puis dans la vie réelle, de façon masquée. Récemment mis en avant dans leur volonté de lutter contre les cyber-djihadistes de Daesh, les Anonymous sont-ils de gentils cyber-pirates au bon coeur ou faut-il voir dans ce mouvement mondial anonyme une nouveau mode d’action altermondialiste évoluant dans les mondes connectés ?

Lire la suite

Les fintechs vont-elles faire sauter la banque ?

13 novembre 2015

Le virus transformateur du numérique n’épargne décidément aucun domaine ! Même les secteurs les plus conservateurs (en apparence) comme la banque et de la finance que l’on croyait plutôt protégés par un système bien établi et très réglementé se retrouve sous la menace de prédateurs numériques. Les analystes les plus avertis pensent même que ce secteur est déjà en passe de se faire ubériser en référence à la société américaine Uber qui a bouleversé le secteur des taxis. Si la crise financière de 2008 n’a pas pas changé le système financier international (au regret de certains), il a en revanche précarisé de nombreux traders et autres experts de la finance qui se sont recyclés sur un nouveau créneau très porteur : les fintechs, pour finance et technologie. Depuis la crise des subprimes, ce sont plus de 3 milliards de dollars qui ont été investis dans ces start-up en très forte croissance et qui sont en passe de révolutionner une institution vieille comme le monde : la banque.

Lire la suite

Internet est-il de gauche ou de droite ?

31 octobre 2015

Tenter de répondre à cette question c’est toucher à certains fondamentaux qui régissent Internet et les technologies numériques. Historiquement, on retrouve d’ailleurs un paradoxe de nature politique dans la naissance d’Internet qui montre que le vieux clivage gauche-droite est à la fois pertinent et dépassé en ce qui concerne Internet. Imaginé au début des années 60 par les services de l’armée américaine, ARPANet, l’ancêtre du réseau Internet s’est ensuite développé en plein bouillonnement libertaire au sein des universités californiennes. Deux fés, convenons-le, d’une nature bien différente et aux idées très opposées sur le berceau d’Internet. Même si chaque camp politique peut trouver ses propres valeurs dans Internet et le développement technologique, le véritable enjeu de cette question est dans la transformation que ces technologies sont en train de faire subir à la politique, avec le risque ultime qu’elle disparaisse purement et simplement.

Lire la suite

La pratique d’Internet et des outils numériques modifie-t-elle notre cerveau ?

15 octobre 2015

Et bien je vais très vite mettre fin au suspens en répondant très clairement oui à cette question. Mais au delà de ce constat, cette question nous amène à réfléchir sur l’apport des techniques dans notre évolution cognitive car Internet et les outils numériques ne sont pas les premiers outils de l’histoire à avoir un impact sur notre cerveau. La pratique de l’écriture était déjà controversée dès le 5ème siècle avant JC par Socrate qui l’accusait de nuire à la mémorisation. L’arrivée rapide et massive des ces multiples outils numériques dans nos vies que sont le mail, Internet ou les smartphones pose de nouveau cette question avec un nouvel éclairage, celui des neurosciences, qui sont également en plein essor et qui commencent à donner certaines réponses sur la façon dont notre cerveau évolue. Ecoutez cette chronique en podcast

Lire la suite

Connexion universelle : un rêve des plus pauvres ou l’intérêt des plus riches ?

2 octobre 2015

« Connect the world ». C’est le nom d’une nouvelle initiative de Mark Zuckerberg, l’emblématique patron de Facebook, initiative annoncée cette semaine à la presse et qui sonne un peu comme le slogan d’une ONG ou des Nations Unies. Son entreprise s’apprête à investir des millions de dollars dans des drones atmosphériques pour aider les plus pauvres à se connecter à Internet. En juin dernier, c’est Oneweb, un consortium dont fait partie le richissime propriétaire du groupe Virgin, Richard Branson, qui lançait un appel d’offre pour installer 900 satellites afin de connecter à Internet les zones les plus reculées de la planète. Enfin, l’inévitable Google, avec son projet LOON et son investissement dans Space X une société spécialisée dans le lancement de satellites s’implique également dans cette course à la connectivité universelle. Etrange et soudaine philanthropie des sociétés les plus riches de l’économie numérique qui envisagent donc, de connecter les plus pauvres à Internet depuis l’espace. Il fallait y penser !

Lire la suite

Les GAFAM et les NATU, nouveaux maîtres du monde de l’économie numérique ?

20 septembre 2015

Encore des néo-acronymes anglo-saxons au menu aujourd’hui !  Levons le suspens tout de suite. GAFAM regroupe les initiales de Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft et NATU ceux de Netflix, Air BNB, Telsa et Uber. En gros les dix plus grandes sociétés américaines de l’économie numérique. Deux acronymes pour une valorisation boursière comparable, tenez vous bien, au budget annuel de la France et un chiffre d’affaire annuel supérieur à celui du Danemark avec « seulement » 300 000 employés. Une sacré efficacité économique par employé, une croissance annuelle supérieur à celle de la Chine et surtout, une position dominante sur le marché qui commence à faire réfléchir. Ces mastodontes de l’économie numérique représenteraient à eux seuls, près de 60% de nos usages numériques quotidiens. A l’heure où la France commence à prendre sérieusement conscience des enjeux de l’économie numérique, ces géants numériques ont une sacré longueur d’avance dans cette nouvelle révolution industrielle. Est-il trop tard ? Sans doute. Mais la France et l’Europe n’ont pas dit leur dernier mot.

Lire la suite

Le micro-travail, nouvelle servitude de l’économie numérique ?

5 septembre 2015

La médiatisation récente des stars américaines de l’économie numérique comme Uber, Air BNB ou Amazon a permis de se pencher de près sur les modalités et les conséquences d’une révolution numérique qui, dit-on, va balayer tous les modèles économiques en place. C’est donc l’occasion pour moi de pointer une facette plutôt sombre de cette nouvelle économie à travers une nouvelle division internationale du travail permise par le numérique et que l’on appelle le micro-travail. Au delà de ce nouveau phénomène illustré par la plateforme Mechanical Turk de l’américain Amazon, c’est la notion même de travail numérique, ou de digital labor en anglais qui est en question. Entre robots intelligents et micro-travailleurs d’un véritable prolétariat numérique mondialisé, la question qui se pose désormais est celle du modèle de travail que l’économie numérique est en train d’inventer et d’imposer au monde.

Lire la suite

Le quantified self : la mesure numérique de soi

20 juin 2015

Derrière l’engouement réel ou éphémère des objects connectés il y a un moteur puissant qui repose sur un des fondements même de la nature humaine : le quantified self, en bon français la mesure de soi et la quantification de soi, concept lancé en 2007 en Californie par des journalistes du magazine Wired, connu pour débusquer les dernières innovations numériques. Au delà d’un effet de mode et d’une frénésie de gadgets numériques, le quantified self, nous le verrons, est un révélateur particulièrement intéressant de la nature humaine.

Lire la suite