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La datavisualisation : voir les données pour mieux les comprendre

26 janvier 2014

????????????????????????????????????????????????????????????Nous avons déjà souvent parlé du phénomène d’infobésité, cette saturation chronique d’informations lié à l’explosion de la production et de la circulation des données sur Internet. Nous avons aussi parlé du Big Data, cette masse informe et gigantesque de données que nous produisons chaque jour et qui représentent un défi d’analyse, de traitement et d’exploration plein de promesses pour mieux comprendre nos comportements, rendre la médecine plus prédictive, les services publics ou encore la circulation automobile plus performants, bref optimiser la compréhension de nos comportements pour améliorer notre vie quotidienne !!! Mais dans cet océan de données, nous sommes souvent au bord de la noyade et faute de bouée de sauvetage, une bonne paire de lunettes virtuelles peut-être bien utile pour que notre cerveau « accommode » sur des chiffres et que l’abstraction des données deviennent enfin intelligibles, c’est cela le défi de la visualisation des données !!!Qu’est-ce que la datavisualisation et à quoi sert-elle ?

La datavisualisation ou dataviz pour les experts, concerne, comme son nom l’indique un ensemble de techniques, de logiciels et de méthodes pour visualiser plus clairement un ensemble de données (data) souvent très abstraites et indigestes sous forme de schémas et d’infographies. Chaque entreprise, institution, association produit quotidiennement des masses de données très importante, des chiffres, des statistiques, des analyses, des bilans, qui le plus souvent sortent de façon inintelligible pour la plupart d’entre nous : tableaux excel, powerpoint ennuyeux ou rapports sans fin que finalement plus personne ne lit.

Parallèlement, Internet a considérablement augmenté le volume d’informations auxquelles nous accédons par Facebook, Twitter ou autre flux RSS, divers abonnements en ligne et e-mails que nous recevons. Mécaniquement, le temps de lecture s’est donc considérablement réduit et notre cerveau, autant que notre emploi du temps ont totalement intégrés cette réduction du temps. De plus, la lecture dite hypertextuelle, propre à Internet, celle qui nous permet de cliquer sur un lien et donc d’avoir une navigation en profondeur dans le web, souvent sans boussole d’ailleurs, réduit aussi le temps de présence sur un article, un document, un tableau. Tout cela favorise les formats courts, percutants, simples, efficaces, visuels. Sans quoi, nous risquons d’être illisibles, inaudibles et donc inexistant. C’est l’enjeu de la datavisualiation. Rendre visible et intelligible les données.

Comment cela se concrétise -il ?

 Une série d’outils informatiques sont nés ces dernières années pour permettre de créer rapidement, de façon simple, ergonomique et adaptée aux besoins un ensemble de schémas et de petites infographies très visuelles à partir de données souvent chiffrées.

Ces infographies qui pullulent désormais sur le web sont les descendants directs des vieux posters scientifiques qui trônaient dans nos salles de classe. Le lecteur peut ainsi visualiser instantanément les données essentielles d’un problème, mémoriser les chiffres clés d’un bilan, se représenter une réalité totalement abstraite visuellement.

Il ne faut pas oublier que notre mémoire marche d’autant plus quand nous sollicitons nos différents sens et plus particulièrement la vue qui joue un rôle très important dans le processus de mémorisation. La data visualisation est donc un défi de compréhension visuelle d’un ensemble de données abstraites comme les données numériques, des des concepts, des stratégies, des métaphores mais aussi des informations combinées.

Mais attention, mettre en forme des données ne suffit pas ! il faut donner un sens à cette mise en forme, bref raconter une histoire avec des données. Et c’est tout un art.

Quels exemples concrets ?

Il n’y a pas de limites dans l’utilisation des techniques de data visualisation : illustrer  un bilan social pour une entreprise, mettre en forme les statistiques de la violence routière, éditer un schéma de la stratégie d’une l’entreprise, concevoir une carte des points d’eau sur un territoire…. Chaque type d’illustration a son outil fétiche : data wrapper pour faire des schémas, cartoDB ou Google table pour faire des cartes et bien sûr l’incontournable Visual Ly pour éditer ces fameuses infographies colorées qui circulent sur le web sur tout et n’importe quoi. On peut même éditer son CV de façon très visuelle avec des frises chronologiques, agencer des camemberts chiffrés, concrétiser visuellement une population avec des petits dessins d’humains qui schématisent un nombre d’individu, visualiser des classements, des courbes, des cartes… En fait, tout le monde commence à utiliser ces outils car nous avons tous besoin de communiquer simplement dans un monde complexe avec un temps de production et de lecture qui se réduit.

Pourquoi un tel engouement ?

Incontestablement à cause de la démocratisation des outils de production de datavisualisation et à la facilité de leur utilisation. Chacun peut désormais communiquer visuellement et de façon virale car les productions de la datavisualisation très circulent facilement dans les réseaux sociaux. Il suffit d’importer des données que l’on possède dans un tableur, dans un CV ou dans une base de données pour que des outils très ergonomiques nous proposent des modèles déjà fait (ce qu’on appelle des templates) dans lequel il suffit ensuite d’agencer les données à notre convenance. Pas besoin d’être un graphiste expérimenté pour réussir son infographie. Il vaut mieux bien savoir ce que l’on veut dire. Pour paraphraser le poète Nicolas Boileau, on pourrait dire aujourd’hui  que « ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les image pour l’illustrer viennent aisément ».

Quelles limites pour ce nouveau genre de communication ?

Réduire l’information en images sur une page a tendance à noyer la complexité dans la simplification et à force de tout simplifier à outrance, le risque est de devenir simpliste. Quand un spécialiste pond un report de 200 pages sur un sujet complexe, on lui demande souvent de produire ensuite une synthèse de 10 pages puis une infographie d’une page. Au final, seul l’expert lui-même aura lu son travail, quelques personnes sa synthèse et beaucoup ont vu en diagonale une infographie. Il faut juste bien savoir à qui s’adresse une production de datavisualisation et pourquoi elle est faite. Pour sensibiliser le grand public c’est souvent très efficace, pour prendre une décision ou se faire une opinion argumentée, c’est un peu court…

Et puis, ce genre d’infographie a tendance à légitimer des chiffres et des analyses comme des vérités d’Evangile. Une tendance, une proportion, un pourcentage, un camemberts de chiffres ne constituent aucunement  des vérités mais éclairent cette dernière. Comme un CV n’est pas une personne mais nous renseigne sur elle. C’est comme les sondages. Cela éclaire la réflexion mais ne doit pas empêcher d’aller voter ou  même de changer d’avis….

 Enfin, certaines infographies, à force de circuler véhiculent de fausses vérités qui sont reprises par d’autres, à la vitesse et à la puissance des réseaux sociaux. Vigilance donc avec ces jolies images dont le rôle est de nous éclairer mais peuvent aussi nous éblouir !!!!

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