éconum : décoder, comprendre, analyser et mettre à profit le meilleur des innovations numériques

Et si le télétravail n’était qu’un prétexte ?

4 février 2019

Le télétravail est à la mode. Grèves, intempéries, alertes pollution, circulation alternée, arrêt maladie. A chaque empêchement contraint le mot magique ressort. Car en français, le mot télétravail est associé systématiquement au travail à domicile ce qui ne représente qu’une partie du télétravail réel, étymologiquement du « travail à distance ». Car la moitié des actifs français l’ignorent, mais ils télétravaillent chaque jour depuis différents lieux de travail. Au bureau, dans les transports en commun, depuis le site distant de l’entreprise, chez un client. La numérisation du travail a permis la souplesse du « travailler à distance » autrement dit : où l’on veut et quand l’on veut. Et elle est à l’origine d’un bouleversement bien plus profond du travail que la réalité étriquée recouverte par le mot télétravail.

Un mot archaïque ne traduisant plus une nouvelle réalité

Depuis 40 ans, le mot télétravail désigne donc dans la langue française le fait de travailler de chez soi ponctuellement grâce à un ordinateur connecté. Cette pratique est largement acceptée chez les cadres et certaines professions comme les consultants, les commerciaux et dans le secteur IT. Au delà, c’est une sorte de « tolérance » que l’employeur accorde en fonction de différentes contraintes. Depuis une dizaine d’années, la numérisation massive des tâches est en train de changer complètement cette réalité du travail et de nouveaux mots sont apparus : coworking, flex-office, tiers-lieu, smart work. On pourrait même dire qu’avec la numérisation du travail et la connectivité quasi permanente le travail est devenu par nature télétravail. Ce n’est plus une exception, c’est devenu une règle. Le vrai challenge est désormais l’optimisation des environnements de travail en fonction des différentes tâches que nous devons accomplir.

Bricks, bits and behavior : la trinité du la transformation du travail

Pour bien comprendre comment le numérique transforme le travail, la règle des 3B permet de mémoriser facilement les trois dimensions qui sont à prendre en compte : les bureaux (bricks), les équipements numériques (bits) et les comportements (behavior). Difficile de s’attaquer à cette vaste transformation en ignorant l’une des dimensions. Vouloir transformer les bureaux sans changer de comportements ni d’équipements risquerait de se réduire à une opération cosmétique. Et mettre « du numérique partout » sans former les collaborateurs et en gardant les bureaux « cages à lapins » n’aurait pas beaucoup plus de sens.

Révélateur

Tout se passe comme si le télétravail agissait comme une sorte de révélateur d’une transformation bien plus importante que de savoir si un tel ou une telle pouvait travailler de chez lui un jour par semaine. Souvent mis en place de façon ponctuelle, pour répondre à une demande particulière, le télétravail peut donc être l’occasion de découvrir des réalités et des opportunités nouvelles.

Les salariés ne travaillent plus seulement du bureau !!

Travailler est redevenu un verbe et ne désigne plus le lieu unique du travail. Les taux d’occupation des bureaux démontrent cette réalité. En 2017, d’après Maddyness, 40% des bureaux sont inoccupés. A près de 17 000 euros par an le poste fixe, cela fait cher le bureau vide !

Si les bureaux sont à moitié vides pourquoi les garder ?

Après les salaires, les charges immobilières sont celles qui pèsent le plus dans le budget d’une entreprise. C’est sans doute l’occasion de penser à passer au flex-office où l’on paie que les m2 carrés que l’on utilise.

Ne plus avoir ses collaborateurs sous le nez ne signifie pas qu’ils ne travaillent pas !

Les avoir sous le nez n’est d’ailleurs pas forcément une assurance pour qu’ils travaillent réellement. Cette distance, quand elle n’est pas trop longue ne doit plus être perçue comme une perte de contrôle dangereuse mais peut-être envisager comme une occasion de créer une confiance dans la relation de management.

Travailler souvent à distance des uns des autres nécessite un outillage adapté.

Cloud computing, sécurité des données, maitrise des logiciels de visio-conférence, de travail collaboratif, de suivi de projet. Au delà des compétences techniques c’est tout un savoir faire et un savoir être qu’il va falloir apprendre.

Finalement en mettant le doigt dans la prise télétravail il est probable d’aller beaucoup plus loin en s’interrogeant sur la façon dont fonctionne l’entreprise et comment elle pourrait se transformer pour être plus efficace, plus économe, plus attractive et plus humaine.


Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.