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La consommation collaborative

14 septembre 2012

Sans doute une des 10 idées qui vont révolutionner l’économie ! C’est pas moi qui le dit très sérieusement c’est le Time Magazine ! alors…ça vaut une petite explication. Commençons par les mots. Encore une avalanche de néologismes : covoiturage, couchsurfing, colunching, carpooling, crowdfunding; que se cache vraiment derrière « néologismoglophone »s ?

Et bien le concept totalement révolutionnaire du… partage ! Car si nous songeons que nous consommons actuellement plus de trois terres alors qu’une seule est disponible, il n’y a pas beaucoup de scnenarii possibles dans le futur. Soit nous nous battons pour partager (à 9 milliards d’individus en 2050 !!) des ressources qui ont plutôt tendance à se réduire (ou même) à se tarire, soit nous inventons de nouvelles manières de consommer, davantage basées sur l’usage que sur la propriété. C’est ce qu’on appelle l’économie de la fonctionnalité. Jacques Attali que j’écoutais en direct du LH Forum au Havre parle lui d’économie positive pour désigner ce mouvement, qui, à l’intérieur de nos sociétés capitalistes inventent de nouvelles formes d’échanges plus positives, donc.

Mais comment Internet stimule cette nouvelle forme de consommation ?

Pour comprendre ce phénomène il faut revenir quasiement à la préhistoire d’Internet. Une des caratéristiques d’Internet est de permettre l’échange entre pairs. C’est ce qu’on appelle en anglais le peer to peer ou pair à pair. Ce mécanisme a été popularisé en 1999 par le site d’échange de fichiers musicaux Naptser qui permettait d’échanger entre personnes ayant les mêmes affinités musicales. Malgré la fermeture de cette plateforme pour des raisons juridiques, les sites d’échange de peer to peer se sont multipliées et dans tous les domaines.

Par exemple, le fameux site de rencontre Meetic, permet une mise en relation des personnes par affinités et donc de faciliter la rencontre en pairs. En fait la caractéristique d’Internet est de permettre une mise en relation très sophistiquée entre pairs, de générer une confiance, de faciliter une proximité géographique entre les deux parties qui souhaitent échanger et donc de créer de nouvelles formes de commerce, de consommation, de troc.

Alors, comment ça marche concrètement la consommation collaborative ?

Et bien par exemple, je veux percer un trou dans la cloison, mais je suis étudiant, je n’ai pas de perceuse, mon voisin de palier non plus et je n’ai pas les moyens d’en acheter une.  Je pourrais aller chez un loueur professionnel me direz vous mais c’est loin de chez moi et c’est pas donné. Alors, je vais sur Zilock, une plateforme de peer to peer et je trouve tout proche de chez moi quelqu’un que je ne connaissais pas mais qui me loue cette perceuse pour 5 euros. En plus, ce loueur est très sympa, il m’explique comment ne pas percer le mur chez la voisine et nous faisons connaissance.

Je sais que je pourrais compter sur un nouvel ami bricoleur ! Quand j’aurais appris, en plus, que le temps moyen d’utilisation d’une perceuse est de 12 mn durant toute sa vie de perceuse, j’aurais définitivement adopté cette nouvelle façon de consommer.

Quels sont les domaines qui se développent le mieux ?

Les domaines ne cessent de s’étendre surtout avec la persistance et la profondeur de la crise économique. On peut voyager moins cher ou rentabiliser ses trajets avec le covoiturage ou même la location de sa propre voiture, partager un repas (le colunching), sa machine à laver, partir en vacances et même financer ses projets. En fait les domaines sont potentiellement infinis si la confiance et les affinités peut être instaurées entres les deux parties.

L’exemple le plus significatif est le covoiturage qui a longtemps stagné et qui explose aujourd’hui avec Blablacar qui est capable aujourd’hui de proposer 1 million de sièges disponibles en temps réel. Depuis leur lancement, ils ont permis de parcourir près de 45 000 tours du monde en partageant sa voiture, de générer 28 millions de nouvelles rencontres « dans la vraie vie » et bien sûr de réaliser des économies substantielles : plus de 180 millions d’euros économisés par les covoitureurs ! De nombreuses marques très connues emboîtent le pas et lancent leur propres système de covoiturage.

Alors si vos enfants vous annoncent qu’ils sont adeptes du couchsurfing, rassurez-vous c’est juste une nouvelle façon de se loger où on se prête son canapé (couch en anglais). En France, c’est plus de 700 000 nuitées qui ont été réservées cette année via le leader mondial de couch surfing payant, Air BNB. Ce soir, ce sont près de 38 000 personnes qui séjourneront dans un logement de cette façon (source : http://consocollaborative.com/)

Et puis, ce même mécanisme de mise en relation entre pairs permet aussi de lever des fonds pour ses projets d’entreprise ou humanitaire. Cela s’appelle le crowd funding, en français « financement par la foule » et ça commence à très bien marcher car n’importe qui peut réunir des fonds en mobilisant de nombreux petits donateurs qui se regroupent par centres d’intérêt.

Enfin, il y a aussi l’alimentation avec une initiative originale et astucieuse qui utilise à fond le principe du peer to peer, cela s’appelle La ruche qui dit oui.

Pourquoi un tel engouement ? 

Et bien d’abord pour l’argent et les économies que l’on réalise, ne soyons pas trop utopistes sur les motivations de l’être humain. Mais ce système de consommation permet aussi des rencontres et  le lien social cela rend heureux, paraît-il ! Selon une très récente étude Britannique, 80% des adeptes de la consommation collaborative en Grande-Bretagne se déclarent heureux !

Je voulais pour conclure ce billet, vous inviter à lire un ouvrage de référence sur ce sujet :  « Vive la corévolution, pour une société collaborative », d’Anne-Sophie Novel et Stéphane Riot.

Vous pouvez également aller voir l’excellent blog la consommation collaborative tenu par Antonin Léonard, un passionné de cette question qui a aussi ancé la communauté Ouishare (« nous partageons »).

 

Podcast 2

Retrouvez le podcast de ce billet de blog


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